Écrire en pays dominé, volet 1 // Nous sommes de ceux qui disent non à l’ombre

© Loic Nys

D’après les textes d’Aimé Césaire, Léon-Gontran Damas, Léopold Sédar Senghor, Langston Hugues, Louis Aragon, Patrick Chamoiseau, Edouard Glissant, Michèle Lalonde, Léonora Miano, Alice Carré et Margaux Eskenazi

Montage et conception  Alice Carré et Margaux Eskenazi
Mise en scène Margaux Eskenazi
Dramaturgie Alice Carré
Lumières Mariam Rency
Chorégraphie Marie-Laure Caradec
Son Jonathan Martin
Costumes Sarah Lazaro
Avec Armelle Abibou, Yannick Morzelle, Raphael Naasz, Christophe Ntakabanyura, Eva Rami

Production La Compagnie Nova et FAB – avec le soutien du Théâtre de Belleville

Avec le soutien du CENTQUATRE-PARIS, d’Arcadi Ile-de-France, du Ministère des Outre-mer, du Théâtre de la Tempête, de Lilas en Scène, de Mains d’Œuvres. Ce spectacle a bénéficié de l’aide à l’écriture « Mise en Scène » de l’association Beaumarchais-SACD. Avec la participation artistique du Jeune Théâtre National.

« Il faut chérir les langues, car avec toute langue qui disparaît s’e ace à jamais une part d’imaginaire humain, une part de forêts, de savanes et de tro oirs fous. La poésie ne produit pas de l’universel, non, elle enfante des bouleversements qui nous changent. » Edouard Glissant

Petite fille de juifs pieds-noirs et d’immigrés turcs, j’ai grandi avec plusieurs langues. Chez ma mère on parlait arabe, chez mon père le ladino, le judéo- espagnol. J’ai eu des langues maternelles multiples. Dans les deux cas, par souci d’intégration, nous avons commencé à tuer ces langues. Il fallait taire les sons étrangers à la nation qui les avait accueillis, mais sans y parvenir en entièrement. Donc, on ne les parlait plus que dans l’intime, puis de moins en moins. C’est seulement les traces des langues qui furent transmises. Aujourd’hui, l’arabe et le ladino parsèment nos phrases. Mon français est troué, contaminé, métissé : il est créolisé. Nous avons gardé la crème de la crème – les meilleurs mots, les meilleurs sons, les meilleures expressions, que nous mêlons au français. Je parle une langue à la croisée des trois routes : français, arabe, ladino, comprise que de nous seuls. C’est un créole qui n’existe nulle part ailleurs.

Ce projet célèbre tous les créoles du monde. Toutes les identités-rhizomes qui fondent aujourd’hui le Tout-Monde. C’est un manifeste des poétiques, et pas seulement de celles que l’on connaît. Surtout même des inconnues. Parce que nous refusons la langue unique, la langue dominante.

Ce spectacle est une esquisse des imaginaires de l’humanité pour y dessiner nos créolisations.

Margaux Eskenazi
mars 2017

Loin Nys

DANS LA PRESSE 

« Margaux Eskenazi : manifeste pour un théâtre métissé. (…) La force du spectacle est dans le flot des paroles aussi poétiques que salvatrices de ces auteurs (et quelques autres) qu’il fait bon entendre ou réentendre. De plus, et c’est essentiel, cette force est décuplée par l’invention scénique que suscitent ou entraînent ces paroles portées par des acteurs (certains sont aussi musiciens) aussi jeunes qu’excellents : Armelle Abibou, Yannick Morzelle, Raphael Naasz, Christophe Ntakabanyura et Eva Rami. » Jean-Pierre Thibaudat, Médiapart, 23 mars 2017

« Qu’on le veuille ou non le monde sera créole. (…) Nous sommes de ceux qui disent non à l’ombre est un spectacle engagé, résolument engageant. » Marie-José Sirach, L’Humanité, 27 mars 2017

« On y rencontre les porte-parole de la négritude, Damas, Senghor et bien-sûr Césaire. On y entend leurs voix, leurs poèmes qui claquent et leurs pensées comme un héritage à réinventer. » Agathe le Taillandier, RFI, La danse des mots, 14 avril 2017

 

Dates de tournée

29 novembre au 3 décembre au Théâtre de l’Opprimé, Paris

18 janvier 2018 au Théâtre du Garde-Chasse, Les Lilas

25 janvier 2018 au Théâtre de Longjumeau

22, 23 et 24 mars 2018 au Théâtre Aimé Césaire de Fort-de-France, Martinique

Juillet 2018 au Festival OFF d’Avignon 2018